Vendredi 30 octobre 2026, à 18h, habitants et élus se sont réunis devant la mairie de Pont-Péan à l’appel du maire, Mourad Zeroukhi, pour un rassemblement citoyen contre le racisme. Retrouvez ci-dessous le discours prononcé à cette occasion.
Mesdames, Messieurs,
Chers collègues maires, chers élus,
Chers concitoyens,
Chers amis,
Merci d’être présents pour ce rassemblement citoyen et républicain contre le racisme.
Si nous sommes réunis ce soir, c’est parce que nous ne pouvons pas nous taire.
Nous ne pouvons pas nous taire face au racisme, face à la haine qui prend pour cible des femmes et des hommes en raison de leur origine, de leur couleur de peau ou de leur religion.
Nous ne pouvons pas nous taire lorsque la haine tue.
Le vendredi 23 octobre 2026, à Trappes et à La Verrière, une attaque à caractère raciste a coûté la vie à un homme et fait plusieurs blessés, dont une jeune fille de 12 ans.
Cet homme s’appelait Pengo Bossio Wangi. Il avait 26 ans.
Il avait une vie devant lui, des projets, des rêves, des proches qui l’aimaient et qui doivent aujourd’hui affronter son absence.
Ce soir, nous pensons à lui.
Nous pensons à sa famille, à ses amis.
Nous pensons aux personnes blessées et à leurs proches, à toutes celles et ceux qui doivent aujourd’hui se remettre de cette violence.
Nous pensons aussi aux habitants de Trappes et de La Verrière, profondément éprouvés par ce drame.
À toutes ces personnes, nous voulons dire : vous n’êtes pas seuls.
De Pont-Péan, nous leur adressons notre solidarité fraternelle et notre soutien le plus sincère.
Je vous invite maintenant à observer une minute de silence en hommage à Pengo Bossio Wangi et en soutien à toutes les victimes de cette attaque raciste.
Je vous remercie.
Mesdames, Messieurs,
Si nous sommes réunis ici, c’est parce que ce drame nous concerne tous.
Le racisme n’est jamais l’affaire des autres.
Lorsqu’une personne est visée pour ce qu’elle est, c’est notre humanité commune qui est blessée. Lorsqu’un citoyen est menacé en raison de son origine ou de sa religion, c’est la promesse républicaine qui est mise à l’épreuve.
Aucune origine, aucune religion, aucune différence ne peut justifier que l’on s’en prenne à la vie d’un être humain.
Jamais.
Et nous devons le dire avec force, sans détour et sans ambiguïté.
Si ce drame me touche aussi profondément, c’est parce que je vous parle en tant que maire de la République, mais aussi en tant qu’homme issu de l’immigration.
Je sais ce que signifie porter en soi plusieurs histoires, plusieurs héritages, plusieurs appartenances, tout en se reconnaissant pleinement dans la communauté nationale.
Je crois profondément à la promesse républicaine : celle d’une République qui garantit à chacune et à chacun la même dignité, les mêmes droits et la même place, quelles que soient son origine, sa couleur de peau ou sa religion.
Mais je connais aussi la réalité vécue par des millions de nos compatriotes racisés : cette inquiétude de savoir que leur apparence, leur nom ou leurs origines peuvent parfois suffire à les désigner comme des étrangers dans leur propre pays.
On ne devrait jamais avoir à justifier sa place en France, ni à craindre pour sa vie en raison de ce que l’on est.
Mais face au racisme, nous devons aller plus loin que la seule indignation.
Nous devons regarder en face ce qui, dans notre société, permet à la haine de s’installer et de se banaliser.
Lorsque des discours racistes et xénophobes sont tenus sur les plateaux de télévision, diffusés massivement sur internet ou instrumentalisés dans le débat politique, nous ne pouvons pas les considérer comme des paroles ordinaires.
Les mots ne sont jamais anodins. Lorsqu’ils humilient, stigmatisent et désignent certains de nos concitoyens comme des menaces, ils nourrissent les préjugés, légitiment les discriminations et fragilisent notre pacte républicain.
Nous devons dénoncer les pyromanes de la haine : ceux qui attisent les divisions et font du rejet de l’autre un discours ordinaire.
Nous ne pouvons pas laisser les discours de haine devenir une habitude. Nous ne pouvons pas nous habituer à l’inacceptable.
Les actes racistes doivent être combattus, les victimes protégées et les infractions poursuivies et sanctionnées dans le respect de la loi.
Mesdames, Messieurs,
Je voudrais conclure en empruntant les mots de Tahar Ben Jelloun, dans son livre Le Racisme expliqué à ma fille :
« Trop souvent, le raciste s’aime beaucoup. Il s’aime tellement qu’il n’a plus de place pour les autres, d’où son égoïsme. »
Cette phrase nous rappelle que le racisme est aussi un refus : le refus de reconnaître à l’autre la même dignité, la même valeur et la même place.
Or, faire société, c’est précisément faire une place à chacun. C’est comprendre que nous n’avons pas besoin d’avoir les mêmes origines, la même histoire ou les mêmes croyances pour partager un destin commun.
Le racisme enferme. La République rassemble.
Et c’est cela que nous devons défendre, ensemble.
Car si le racisme cherche à nous enfermer dans des catégories, à nous séparer et à nous opposer, notre idéal républicain nous invite au contraire à nous reconnaître comme égaux et à construire un avenir commun.
Nos cœurs républicains, eux, ne manqueront jamais de place pour personne.
Je vous remercie.
Mourad ZEROUKHI – Maire de Pont-Péan